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Gestion de stock plombier chauffagiste : familles et dotation camion
Publié le 18/08/2026
Dans une entreprise de plomberie et de chauffage, le stock qui compte n'est pas celui du dépôt : il roule. L'essentiel de ce qui sert dans la journée dort dans les caisses du fourgon, et personne ne sait précisément ce qu'il y a dedans, sauf celui qui conduit.
C'est ce qui rend la gestion de stock d'un plombier chauffagiste particulière : peu de volume, peu de valeur à la pièce, mais des centaines de références et des diamètres qui ne se remplacent pas. Cette page propose cinq familles, une dotation de fourgon à recopier telle quelle et la règle de réassort qui va avec.
Beaucoup de références, très peu de volume
Un artisan qui fait à la fois du sanitaire, du chauffage et du dépannage manipule couramment plusieurs centaines de références actives, presque toutes à quelques euros. Ce qui coûte cher n'est donc jamais la pièce manquante : c'est l'aller-retour au fournisseur, le client qui attend avec l'eau coupée, la demi-journée qui saute.
Trois contraintes du métier expliquent l'essentiel :
- Rien n'est interchangeable. Un coude multicouche en 20 ne dépanne pas un réseau en 16, et un raccord à sertir ne sauve pas un montage à compression : une référence « presque bonne » compte comme absente.
- Le dépannage ne se planifie pas. Le chantier neuf s'anticipe à la commande ; l'intervention du jour se sert dans ce qui est à bord.
- Le stock se déplace. Entre le dépôt, les fourgons et les chantiers en cours, la même vanne peut être à trois endroits, donc introuvable.
À l'autre bout, quelques articles concentrent presque toute la valeur : chaudières, pompes à chaleur, ballons, radiateurs. Ceux-là se gèrent à l'unité, avec le chantier auquel ils sont destinés.
Cinq familles, cinq règles de suivi
Tout suivre de la même façon revient à ne rien suivre. Le tri utile ne se fait ni par fournisseur ni par rayon, mais par la manière dont la pièce se compte.
| Famille | Exemples | Comment la suivre |
|---|---|---|
| 1. Menue quincaillerie | Coudes, manchons, tés, réductions, joints fibre, téflon, filasse, colliers | Par contenant, jamais à l'unité : un bac par diamètre, quantité cible et seuil en boîtes |
| 2. Tubes et évacuation | Cuivre, PER, multicouche, PVC, gaines | En longueur restante, avec un seuil par diamètre courant, jamais un seuil global |
| 3. Robinetterie et sécurité | Vannes d'arrêt, robinets, groupes de sécurité, réducteurs de pression, purgeurs | À l'unité, une ligne par calibre : ce sont elles qui bloquent une intervention |
| 4. Appareils | Chaudières, pompes à chaleur, ballons, radiateurs, circulateurs | À l'unité, rattachés à un chantier dès la commande, jamais comptés comme disponibles |
| 5. Consommables et protection | Disques, cartouches, mousse, gants, lunettes, masques | Au seuil de réapprovisionnement |
Les deux dernières familles suivent des méthodes déjà décrites ailleurs : la logique de seuil des consommables de chantier et le registre de la gestion des EPI. Le cœur du métier tient dans les familles 1 à 4.
La dotation camion, à recopier telle quelle
Un fourgon bien tenu n'est pas un fourgon rangé : c'est un fourgon dont le contenu est écrit. La trame ci-dessous se colle dans le couvercle de chaque caisse, quantité cible en face de chaque ligne, et s'adapte aux réseaux que vous posez le plus.
- Caisse 1 — Raccords cuivre. Coudes 90°, manchons, tés, réductions en 12, 14, 16, 18 et 22 ; une case par diamètre, quantité cible sur l'étiquette.
- Caisse 2 — PER et multicouche. Raccords à sertir et à compression en 16 et 20, tés, passages de cloison, colliers de fixation.
- Caisse 3 — Étanchéité et fixation. Joints fibre et joints toriques par taille, téflon, filasse, pâte, colliers, chevilles, vis.
- Caisse 4 — Arrêt et sécurité. Vannes d'arrêt des deux diamètres les plus posés, robinets d'équerre, flexibles, siphons, purgeurs.
- Caisse 5 — Pièces d'usure chauffage. Ce qui revient en entretien sur les appareils que vous suivez : joints de bride, petits organes de rechange, produits de traitement.
- Au sol — Tubes. Cuivre et multicouche des deux diamètres dominants, plus un métrage d'évacuation.
- Pochette de bord. La liste des cinq caisses sur une page, avec la case « manque » à cocher pendant la semaine.
La pochette de bord fait tout le travail : sans elle, le manque se signale de mémoire, c'est-à-dire mal.
Fixer les quantités et le jour de réassort
Reste la question des quantités cibles. La règle est courte : une quantité cible couvre environ deux semaines d'activité normale, pas davantage. Au-delà, le fourgon s'alourdit, les pièces se perdent au fond des caisses et on rachète ce qu'on a déjà.
Le réassort tient ensuite en trois habitudes : un jour fixe, la même personne, et une pièce prise au dépôt déclarée au moment où on la prend. La dernière est la plus difficile à installer, et la seule sans laquelle les seuils ne veulent plus rien dire — voir la rupture de stock sur chantier.
Dépannage et chantier neuf : deux circuits séparés
Le défaut le plus fréquent n'est pas un manque de stock, c'est un mélange de circuits. Un vendredi, une intervention urgente a besoin d'une vanne ; la seule disponible est celle réservée au chantier de la semaine suivante. Elle part, personne ne le note, et lundi le chantier neuf démarre sans elle.
La règle qui tient : un article affecté à un chantier n'est plus du stock disponible. Il est mis à part au dépôt ou livré directement, et n'alimente jamais un dépannage. Les interventions puisent dans la dotation des fourgons ; quand elle est vide, on achète.
Pour les appareils, la commande se fait au nom du chantier dès la signature, avec sa date de livraison attendue : voir la gestion des commandes de matériel. Une pièce qui circule entre un fourgon et le dépôt se déclare comme tout mouvement de matériel.
Le dépôt, les fourgons et les chantiers au même endroit
Dans Stockéo, chaque article porte son seuil d'alerte et son fournisseur, chaque sortie est datée et rattachée à un chantier et à une personne, et les demandes venues du terrain arrivent au dépôt sans passer par un appel. 14 jours d'essai gratuit.
Essayer Stockéo gratuitementQuestions fréquentes
Faut-il compter les raccords et les joints à l'unité ?
Non : compter à l'unité une pièce qui vaut quelques centimes coûte plus cher que la pièce. La menue quincaillerie se suit par contenant, un bac par diamètre, avec une quantité cible et un seuil en boîtes. Le suivi à l'unité se réserve à la robinetterie, aux organes de sécurité et aux appareils.
Comment tenir le stock du fourgon quand il n'y a pas de magasinier ?
En figeant une dotation écrite, caisse par caisse, avec une quantité cible par référence, et en réapprovisionnant un jour fixe de la semaine. Le fourgon n'est plus un stock à inventorier mais une liste à remettre à niveau : on compare ce qui reste à la liste du couvercle, on complète le même jour.
Que faire des pièces qui reviennent d'un chantier ou d'une dépose ?
Deux tas, décidés en rentrant, jamais plus tard. Ce qui est neuf et identifiable retourne dans sa famille et redevient disponible. Ce qui a été monté, coupé ou dont le diamètre exact est inconnu part au rebut. Le stock qui pourrit vient presque toujours du tas de restes que personne n'a osé trier.
Un tableur suffit-il pour une entreprise de plomberie de deux ou trois personnes ?
Oui, tant que la même personne tient le tableur, sort les pièces et fait les achats. Il décroche quand plusieurs fourgons puisent dans le même dépôt : chacun prend sans écrire et le fichier n'est à jour qu'un jour par semaine. Le déclencheur n'est pas le chiffre d'affaires, c'est le nombre de mains dans le stock.
Commencez par le fourgon, pas par le dépôt : c'est là que se jouent les heures perdues, et une dotation écrite se pose en une soirée. Le comptage du dépôt viendra ensuite, avec la méthode de l'inventaire de dépôt BTP ; Stockéo montre l'ensemble une fois en place.