Guide réglementaire
VGP matériel chantier : périodicités, personne qualifiée et registre
Publié le 20/08/2026
Une VGP ne prévient pas. Aucune convocation n'arrive, aucune vignette ne se colle sur la machine : la date passe, l'engin repart sur le chantier suivant, et le trou n'apparaît que le jour où quelqu'un réclame le rapport.
La vérification générale périodique du matériel de chantier, la VGP, est une obligation du Code du travail, dont le contenu et la fréquence sont fixés par arrêté, famille d'équipement par famille d'équipement. La difficulté n'est presque jamais de savoir qu'il faut la faire : c'est de savoir laquelle s'applique à quoi, à quel rythme, et où se trouve le rapport quand on le demande. Cette page donne les périodicités avec leur texte de référence, la règle sur la personne qui vérifie, et une méthode pour tenir le calendrier.
Ce qu'une VGP est, et ce qu'elle n'est pas
Trois obligations différentes se confondent dans le langage courant, et c'est de cette confusion que naissent la plupart des trous dans un dossier.
- L'entretien : graissage, révision, pièces d'usure. Il relève du constructeur et de votre contrat de maintenance, sans périodicité réglementaire.
- La VGP : un examen de l'état de conservation, complété d'essais pour les appareils de levage, à une fréquence fixée par arrêté. L'article R. 4323-23 du Code du travail renvoie explicitement à ces arrêtés pour la nature, le contenu et la périodicité des vérifications.
- Les vérifications de mise et de remise en service : elles ne suivent pas le calendrier mais les événements — première mise en service, changement de site, démontage puis remontage, remplacement d'un organe essentiel, accident lié à une défaillance. C'est l'objet des articles 19 et 20 de l'arrêté du 1er mars 2004.
S'y ajoute une quatrième obligation, permanente : l'article R. 4322-1 impose que les équipements de travail soient maintenus en état de conformité avec les règles techniques applicables lors de leur mise en service. Elle ne s'éteint pas entre deux vérifications.
Les périodicités qui concernent un chantier
« Douze mois » est la règle générale, mais ce n'est pas celle qui s'applique au matériel qu'on croise le plus souvent sur un chantier. Voici les périodicités réelles, avec l'article qui les fixe.
| Équipement | Périodicité | Texte de référence |
|---|---|---|
| Appareils de levage, règle générale — palans, ponts roulants, potences, treuils installés à demeure | 12 mois | Arrêté du 1er mars 2004, art. 22 et 23 |
| Chariots élévateurs, nacelles (PEMP), grues auxiliaires de chargement sur véhicule, monte-matériaux de chantier, engins de terrassement équipés pour le levage, grues mobiles automotrices | 6 mois | Arrêté du 1er mars 2004, art. 23 a), qui renvoie à la liste du II de l'art. 20 |
| Appareils mus par la force humaine servant à déplacer en élévation un poste de travail — plates-formes suspendues à commande manuelle | 3 mois | Arrêté du 1er mars 2004, art. 23 b) |
| Accessoires de levage — élingues, crochets, manilles, palonniers | 12 mois | Arrêté du 1er mars 2004, art. 24 |
| Échafaudages | Examen de l'état de conservation datant de moins de 3 mois, examen quotidien de l'état général, et vérification avant chaque mise ou remise en service | Arrêté du 21 décembre 2004, art. 4, 5 et 6 |
| EPI antichute — harnais, longes, absorbeurs, lignes de vie | 12 mois | Arrêté du 19 mars 1993 — détail dans notre guide sur la gestion des EPI |
La logique du texte tient en une phrase. Ce qui fait descendre la périodicité à six mois, ce n'est pas le prix de l'engin : c'est le fait qu'il se déplace de chantier en chantier sans remontage, ou qu'il élève un poste de travail. Autrement dit : plus l'appareil porte un homme, plus il est vérifié souvent.
Qui vérifie, et ce que vous devez pouvoir montrer
Le Code du travail ne réserve pas les vérifications périodiques à un organisme agréé. Il les confie à des personnes qualifiées, appartenant ou non à l'établissement, compétentes dans le domaine de la prévention des risques pour le type d'équipement concerné et connaissant les dispositions réglementaires applicables. La liste de ces personnes est tenue à la disposition de l'inspection du travail.
La vérification interne est donc possible, et courante sur les accessoires de levage. Elle suppose de pouvoir démontrer la compétence de celui qui signe : sur un chariot élévateur ou une nacelle, c'est en pratique plus simple à confier à un organisme extérieur. Le mécanicien qui entretient la machine n'est pas automatiquement la personne qualifiée pour la vérifier.
Restent les traces, et c'est là que les dossiers se vident. Le résultat des vérifications est consigné sur le registre de sécurité mentionné à l'article L. 4711-5. Quand un intervenant extérieur vérifie, son rapport est annexé au registre, ou le registre porte les indications permettant de le retrouver : date, lieu d'archivage. Registre et rapports peuvent être tenus sur tout support, papier ou numérique. Pour les appareils de levage s'y ajoute le carnet de maintenance, prévu par l'arrêté du 2 mars 2004 : il retrace l'entretien, pas les vérifications, et ne remplace pas le registre.
Tenir le calendrier : la méthode du mois pivot
Un parc de trente équipements, ce sont trente dates éparpillées sur l'année, dont certaines à six mois et une poignée à trois. Suivies une par une, elles reviennent dans le désordre et toujours le mauvais jour. La méthode qui tient consiste à ne plus suivre des dates, mais des mois.
À chaque équipement, attribuez un mois pivot : le mois qui précède celui de son échéance. Ceux qui partagent le même mois pivot forment un lot. L'organisme se déplace une fois pour le lot entier, les engins concernés rentrent au dépôt sur la même semaine, et la question « qu'est-ce qui arrive à échéance ? » se pose une fois par mois, pas une fois par engin.
La deuxième règle, elle, se joue au départ du chantier, et c'est celle qui évite les vérifications faites en catastrophe sur un parking : un équipement ne part pas sur un chantier dont la fin prévue tombe après son échéance. Si la nacelle est vérifiée jusqu'au 12 novembre et que le chantier court jusqu'en décembre, soit elle passe en VGP avant de partir, soit c'est une autre qui part. Cette règle se contrôle en dix secondes au moment de la sortie, alors qu'elle coûte une immobilisation en pleine production si personne ne l'a regardée.
- Équipement et identifiant — numéro de série ou repère interne : « la nacelle » ne désigne rien quand il y en a trois.
- Famille réglementaire — appareil de levage, accessoire, échafaudage, EPI antichute.
- Périodicité et texte applicable — 6 mois · arrêté du 1er mars 2004, art. 23 a).
- Date de la dernière vérification — celle du rapport, pas celle de la facture.
- Échéance — calculée, pas estimée.
- Mois pivot — le mois qui précède l'échéance, celui du regroupement.
- Où est le rapport — classeur, dossier partagé, lien : de quoi le sortir en moins d'une minute.
- Statut — en service · à vérifier ce mois-ci · immobilisé.
Ce tableau tient sur une page et se met à jour à chaque rapport reçu. Il ne remplace pas le registre de sécurité, qui reste l'original : il sert à voir venir, ce que le registre ne fait pas. Le même réflexe vaut pour le matériel qui change de chantier sans repasser par le dépôt : notre guide sur le transfert de matériel entre chantiers détaille les cas où ce passage se justifie, et la vérification à faire en est un.
Savoir où est l'engin le jour où il doit être vérifié
Stockéo ne tient pas votre échéancier réglementaire et ne remplace aucun rapport : il tient la localisation et l'état. Vous voyez sur quel chantier se trouve chaque équipement et qui l'a sorti, et vous pouvez le basculer en « en réparation » pour qu'il ne reparte pas tant que la vérification n'est pas faite. 14 jours d'essai gratuit.
Essayer Stockéo gratuitementQuestions fréquentes
Qui doit faire la VGP d'un engin loué ?
Les arrêtés visent le chef d'établissement qui met l'équipement à disposition de ses salariés. En location, le loueur assure en général les vérifications de son parc et remet le rapport avec la machine : exigez-le à la livraison et rangez-le avec les autres, parce que c'est vous qui devrez le produire sur le chantier. Un rapport resté au bureau du loueur ne sert à rien.
Une VGP peut-elle être faite en interne ?
Oui. Le Code du travail confie les vérifications périodiques à des personnes qualifiées appartenant ou non à l'établissement, et la liste de ces personnes est tenue à la disposition de l'inspection du travail. Elle doit être compétente en prévention des risques pour le type d'équipement concerné et connaître les dispositions applicables. Sur les appareils de levage, la plupart des entreprises passent par un organisme extérieur : la compétence est plus facile à prouver.
Que se passe-t-il si la date de VGP est dépassée ?
Il n'existe pas de délai de tolérance. La formulation des textes est nette : un échafaudage ne peut pas demeurer en service s'il n'a pas fait l'objet d'un examen de son état de conservation depuis moins de trois mois. L'équipement sort du circuit jusqu'à la vérification. En cas d'accident ou de contrôle, le rapport est la première pièce demandée, et son absence se constate immédiatement : la date est écrite dessus.
L'outillage électroportatif est-il soumis à VGP ?
Non. Les perceuses, meuleuses et visseuses ne relèvent pas des arrêtés sur les vérifications des appareils de levage ou des échafaudages. Elles restent soumises à l'article R. 4322-1 du Code du travail : les équipements de travail sont maintenus en état de conformité avec les règles techniques applicables lors de leur mise en service. Concrètement, c'est le contrôle d'état au retour de chantier qui joue ce rôle, pas une échéance.
Une VGP oubliée ne casse rien et n'arrête aucune équipe : elle passe inaperçue jusqu'au jour où elle devient la seule question posée. Deux colonnes tenues à jour — l'échéance et le mois pivot — suffisent à ne plus la découvrir en retard. Pour le reste du parc, notre guide sur la gestion de parc matériel BTP reprend les trois informations à tenir par équipement, et la présentation de Stockéo montre un dépôt où chaque sortie est datée.